Frasers Group a débuté la séance en forte baisse jeudi matin à la Bourse de Londres suite à la présentation de résultats annuels contrastés au titre de son exercice 2025/2026. Malgré des ventes en hausse, portées par l'international, le groupe britannique de distribution accuse un bénéfice imposable en baisse, inférieur à ses propres prévisions.
Face à un marché de la distribution difficile et aux incertitudes liées à ses offres de rachat sur Hugo Boss et Accent, la société a préféré ne communiquer aucun objectif chiffré pour son nouvel exercice, ce qui déçoit en outre les investisseurs.
Le groupe, propriété du le milliardaire britannique Mike Ashley et qui détient entre autres l'enseigne sportive Sports Direct et la marque de magasins de prêt-à-porter Flannels, a fait état d'un profit avant impôt ajusté de 538 millions de livres sterling pour l'exercice clos fin avril, en baisse de 4%.
Son chiffre d'affaires annuel progresse toutefois de près de 9%, à 5,32 milliards, grâce à ses activités à l'international, ce qui dépasse légèrement les prévisions du marché.
Grand écart entre le sport et le prêt-à-porter
Cette performance s'avère inférieure à la fourchette initialement visée par le groupe (550-600 millions) et aux attentes établies par les analystes, même si l'activité a été tirée par les récentes acquisitions de Holdsport en Afrique du Sud et de XXL dans les pays nordiques.
Dans le détail, le périmètre d'UK Sports, son coeur de métier, a enregistré des performance jugée très résilientes au vu de la conjoncture actuelle. Son chiffre d'affaires s'est certes replié de 4,7%, mais sa marge brute s'est nettement améliorée ( 2,90 points de pourcentage) grâce à de meilleurs coûts d'achat et une rationalisation de l'offre.
Sa division dite premium lifestyle, qui regroupe les chaînes Flannels, Cruise, Van Mildert, Jack Wills, House of Fraser & Frasers, Gieves and Hawkes et Sofa.com est en revanche clairement en souffrance, avec à la fois des ventes en recul (-6,9%) et une rentabilité sous pression, pénalisée par la hausse des coûts salariaux qui alimentent actuellement le cycle de l'inflation en Grande-Bretagne.
Des prévisions de marché qui pourraient être révisées à la baisse
En raison de l'incertitude entourant les offres publiques d'achat (OPA) en cours lancées sur Hugo Boss et Accent Group, un distributeur présent en Australie et en Nouvelle Zélande, la direction n'a fourni aucune prévision pour le nouvel exercice 2026/2027.
Suite à cette publication, les analystes expliquent toutefois s'attendre à ce que les prévisions du consensus soient revues à la baisse en raison du contexte de consommation compliqué du moment.
Conséquence, le titre décrochait de 5,2% à 723,5 pence jeudi matin dans les premiers échanges, essuyant la troisième plus forte baisse de l'indice FTSE 250.
"Nous pensons que la complexité et le manque de liquidité du groupe sont appelés à continuer à peser sur sa valorisation en Bourse", préviennent les analystes de RBC dans une note de réaction.
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